Comment soulager naturellement vos douleurs d'endométriose ?

Vous avez l'impression que vous pourriez ouvrir une pharmacie tellement vous vous y connaissez en antidouleur?

Alors prenez du temps pour vous et découvrez ces méthodes naturelles

Classiquement l'endométriose sera traitée en médecine, par des pilules, , des analogues de la GnRh (ménopause artificielle) ou une intervention chirurgicale. La douleur elle, sera prise en charge par les Ains, anti-inflammatoires non stéroidien (ibuprofene ...), sur lesquels je ferai un petit article détaillé d'ailleurs ;), les opiacés (tramadol, lamaline...) et les anti-spasmodiques type spasfon, debrida... Si cet arsenal chimique peut avoir une efficacité,  le prix à payer n'en reste pas moins élevé : augmentation de la perméabilité intestinale et donc des intolérances alimentaires, perturbations bactériennes pouvant entrainer des pathologies type sibo, carences micronutritionnelles et enfin diminution de la capacité naturelle de l'organisme à gérer lui même l'inflammation.

En plus, chacune va y réagir différemment, certaines vont continuer à ressentir la douleur, d'autre prendront du poids, perdront leur libido, auront des troubles digestifs... Ces effets secondaires, loin d'être anodins, vont avoir un retentissement fort sur la qualité de vie.

 Et tadam! C'est là que l'apport des thérapies complémentaires peut tout changer, phytothérapie, ostéopathie, micronutrition...  C'est parti pour le détail

Bien entendu, aucun traitement ne doit être interrompu sans avis médical et le but de mon propos n'est pas de diaboliser ces molécules, mais plutôt de donner des alternatives

La phytothérapie

Ou le recours aux principes actifs des plantes

La liste que vous trouverez ici n'est pas exhaustive, mais elle recense les plantes qui ont fait scientifiquement leurs preuves.

Je ne m'embarque pas à essayer de vous donner des posologies, elles différent selon les concentrations, vous pouvez soit vous référez à ce qui est noté sur l'emballage ou encore mieux vous rapprocher d'un professionnel de santé

  • Le Gattilier    (Vitex agnus castus)                                                Calme les douleurs des règles, en rééquilibrant le ratio œstrogène/progestérone ce qui apaise le tissu utérin                      Régule le cycle, particulièrement en cas de règles abondantes ou de cycles longs, grâce à son action sur l'hypophyse                                             Améliore la fertilité et l'ovulation, car il permet de réduire l'excès d'œstrogènes qui gène la maturation des follicules.                       Soulage le Spm      (syndrome prémenstruel), en apaisant le système nerveux central, grâce aux endorphines (hormones du plaisir) qu'il libère, ce qui aura un effet positif, sur l'irritabilité, les migraines et les douleurs.                                                                                                              
  • L'Achillée millefeuille (Achillea millefolium)                      Soulage la douleur, grâce à son action antispasmodique et anti-inflammatoire. Elle réduit la congestion de l'utérus en améliorant la circulation sanguine. Son action est également très intéressante dans le sopk.                                                                                                                   Régule le cycle et le flux,    avec une action très efficace sur les règles hémorragiques et irrégulières                                                                    Réduit les spasmes, ce qui attenue la douleur, notamment sur le système digestif
  • L'Alchémille   (Alchemillia Vulgaris L.)                                            Réduit les saignements et les douleurs grâce à son action "progesterone -like"
  • Le gingembre   (Zingiber officinale)                                                 Apaise les crampes menstruelles, car il contient des béta-endorphines. Il peut être pris en poudre ou à partir de racine fraiche
  • Artichaut / Curcuma / Radis noir / Desmodium  Sont des plantes qui soutiennent le fonction hépatique. Indispensable dans l'endométriose, car le foie est surchargé par l'excès d'œstrogènes mais également par des toxiques (médicaments, pilules, pesticides...). Il est généralement recommandé de faire plusieurs cure par an. Ces plantes existent en synergie dans des gélules ou des ampoules. Les personnes souffrant d'hypothyroïdie doivent en éviter certaines, car elles sont goitrigènes. 
  • Bourrache / Onagre                                                          Puissantes huiles anti-inflammatoire car elles contiennent une quantité importante de GLA (acide gamma - linolénique),et cerise sur le gâteau, elles prennent soins de vos phanères (peau, ongles, cheveux)

Les techniques manuelles

Ou l'art de soulager avec le toucher

  • L'ostéopathie                                                                                                   La technique de l'ostéopathie est fondée sur des manipulations osseuses et musculaires, qui dans le cas de l'endométriose, vont apporter un soulagement des douleurs mais aussi limiter la propagation de l'inflammation, en manipulant les zones et structures en tension et en augmentant la mobilité et la circulation. Cette thérapeutique, est aussi très intéressante en post op, pour éviter les adhérences.                                                                                
  • L'Acupuncture                                                                            Cette technique appartient à la médecine traditionnelle chinoise. Elle va agir en activant le système nerveux et ainsi favoriser la libérations de molécules anti-inflammatoires et apaisantes. La vasodilatation provoquée par les aiguilles, va également réguler le flux sanguin dans les organes. Enfin elle possède un effet anti-stress, qui je le rappelle est le 1er facteur de l'inflammation (oui oui!)

L'assiette

Ou le soutien par les molécules extraordinaire que nous offre la nature

  • Les acides gras                                                                   Il existe dans notre alimentation différents types de gras. On peut les séparer en 2 catégories, ceux qui nous veulent du bien et ceux qui au contraire empêchent notre organisme de fonctionner normalement. Parmi les "Flop", se trouvent les acides gras trans, nommés également graisse hydrogénées, ils sont fabriqués de manière industrielle (il s'agit en fait d'une graisse chauffée à trop haute température). Extrêmement délétères pour le corps qui ne sait pas comment s'en débarrasser, ils sont un facteur important d'inflammation. On les trouve dans la junk food, mais aussi dans les pizza, quiches industrielles, les gâteaux, viennoiseries, crackers, biscotte, brioches...                                                                                                                                                           

Le deuxième type de gras qui ne vous veut pas que du bien, c'est l'oméga 6. Il fait partie de ceux que l'on dit "essentiels" car notre corps ne sait pas les fabriquer. Il est indispensable à notre santé, mais nous vivons aujourd'hui dans les sociétés modernes dans un excès absolu d'omégas 6, pourquoi? Parce que nos bêtes qui auparavant mangeaient de l'herbe et du grain, se retrouve aujourd'hui à manger des farines de soja, de maïs et tournesol, céréales 100% oméga 6. Et que fait ce joyeux luron quand il se retrouve en famille? Il allume le feu, c'est un pyromane!

Pourtant chez lui tout n'est pas à jeter, puisque le GLA que l'on trouve dans les huiles d'onagre et bourrache (voir plus haut) découle de sa lignée. En pratique, il n'est donc pas nécessaire de faire attention aux entrée d'oméga 6 (puisqu'il y en a partout et bien assez), mais de rééquilibrer la balance avec son cousin ; l'oméga 3. Lui est un ami de l'inflammation, un pompier, il a des propriétés extraordinaires qui permettent à notre organisme de sécréter des résolvines, molécules qui comme leur noms l'indique, vont résoudre et éteindre la douleur. Pour vous donner une petite idée, le ratio idéal de l'organisme serait 1 oméga 3, pour 4 oméga 6. Actuellement nous en sommes très loin, plutôt aux alentours des 1 pour 15 en Europe, et 1 pour 30 au USA. 

En pratique il faut donc mettre le paquet sur ces omégas 3 pour se rapprocher du ratio parfait. Ils existent sous 2 formes : végétale que l'on nomme ALA (acide -alpha-linolénique) et animale que l'on nomme EPA -DHA. La forme ALA n'est pas directement utilisable par notre corps, il doit d'abord la transformer (lin, noix, chanvre...), le plus simple est donc de consommer l'autre version que l'on trouve en quantité dans les poissons gras, tel que les sardines, les maquereaux, le saumon, la truite, les produits Bleu blanc cœur...

  • Le sucre et les index glycémiques élevés        Parmi les pourvoyeurs de douleur, le sucre arrive en trés bonne place. Sa consommation occasionne des pics de glycémie et donc d'insuline, qui est délétère en excès pour l'organisme. Le sucre est également acidifiant, et fait prendre du poids, ce qui fait de lui l'ennemi publique N°1. Alors bien sur que, quand on mange un gâteau, on a conscience de manger du sucre, mais il existe une autre catégorie d'aliments, que l'on qualifie "d'index glycémiques élevés" qui n'ont pas le gout sucré, mais en ont tous les effets. Parmi eux, on va retrouver la grande majorité des féculents, pâtes, riz, pomme de terre, semoule, boulgour... tout particulièrement s'ils sont blancs (raffinés). S'y trouve aussi toutes les farines blanches, donc le pain, les biscottes, le pain de mie, le sucre évidemment, les produit soufflés (les fameuse galettes de riz "healthy"), la bière...                                                                  
  • Le gluten                                                                         Loin de l'hystérie collective dont il a été l'objet pendant un moment, le gluten est réellement et scientifiquement (1) une molécule inflammatoire, tout particulièrement pour la muqueuse de l'intestin. Sa consommation excessive (inévitable puisqu'il y en a partout), va fragiliser la paroi et la muqueuse de notre système digestif, le rendant avec le temps de plus en plus poreux (leaky gut syndrom). Une fois fragilisé, il va laisser passer des fractions de molécules alimentaires, ou de toxiques, qui vont se retrouver dans l'organisme. Le système immunitaire, qui se trouve juste derrière cette paroi, va repérer les intrus, et se sentant agressé, il va attaquer et générer de l'inflammation. Le gluten qui est la protéine du blé, de l'orge et du seigle, va agir de manière pernicieuse, en souterrain, durant des années, avant que l'on ne s'aperçoive des dégâts.                                                         Socialement il n'est pas évident d'arrêter de manger du gluten, le plus simple est peut-être d'éviter d'en consommer lorsque l'on est chez soi, et de manger normalement en société.
  • Les produits laitiers                                                Ne sont pas réellement (et j'en suis désolée) nos amis pour la vie... Je sais que c'est un sacrilège de d'annoncer ça au pays du fromage.  Alors certes, vous allez y trouver un taux de calcium intéressant, des acides aminés de bonne qualité, mais ils présentent aussi quelques petits écueils. Le premier c'est le lactose qu'il contiennent, qui est tout simplement le sucre des produits lactés (comme plus généralement tout ce qui fini en "ose"). Il est responsable de beaucoup de troubles digestifs , environ 75% de la population adulte mondiale ne le digère pas. Les principaux symptômes sont les ballonnements, les diarrhées, les spasmes intestinaux, une fatigue importante...                        Le 2eme souci, ce sont les caséines (protéines laitières) qu'ils renferment, elles ont ce que l'on appelle un fort pouvoir antigénique, c'est à dire qu'elle font réagir de manière excessive le système immunitaire, qui on le rappelle, est déjà bien à fond avec l'inflammation, le stimuler encore plus ne semble pas être le meilleur des choix. Et enfin, les matières grasses animales, principalement des acides gras saturés, sont gorgées de polluants environnementaux, mignonnement appelé "Pop", ces "polluants organiques persistants" n'ont rien de sympathiques. Ils s'accumulent avec le temps et finissent par provoquer des désordres endocriniens (maladies auto-immune, infertilité, endométriose, sopk, cancer... et la liste est longue).   Donc en bref, il faut limiter sa consommation de produits laitiers (et dans cette catégorie se trouve le lait de vache, de brebis, de chèvre, de bufflone... et tout ce qui est fabriqué avec), c'est d'autant plus vrai pour celles qui souffrent de troubles digestifs. Si la perspective de vous passer de fromage provoque chez vous une angoisse apocalyptique 🙂 dites vous que raisonnablement, vous faire 2 "péchés-mignon fromage" dans la semaine reste possible.

La micronutrition

Ou la puissance des molécules (vitamines, minéraux...)

  • La vitamine D                                                                                               C'est la vitamine star de l'immunité. On l'a trop souvent cantonné au rôle de fixatrice du calcium sur les os, ce qui est vrai par ailleurs, mais ses fonctions sont bien plus étendues.                                             D'abord c'est un puissant anti-inflammatoire, ensuite elle diminue la prolifération cellulaire, favorise l’apoptose (mort cellulaire), et diminue le VEGF (facteur de croissance qui fait croitre les vaisseaux sanguins qui nourrissent les lésions endométriosiques.                         Et pour finir, il semble qu'elle est des effets anti-oestrogéniques, ce qui complète admirablement bien le tableau, puisque l'endométriose est une maladie qui crée un climat d'hyper œstrogènie. Une récente étude (2) montre que par rapport au placebo,     la vitamine D a :
    • Réduit la douleur pelvienne ;
    • Diminué significativement la CRP ultrasensible, un marqueur de l’inflammation ;
    • Augmenté la capacité antioxydante totale (TAC) ;
    • Amélioré le profil cardio-métabolique (En diminuant le rapport cholestérol total / HDL)                                                                          
    En conclusion, elle est indispensable en quantité suffisante pour lutter contre l'inflammation, donc faites tester votre taux pour en avoir le cœur net et supplémentez vous si c'est nécessaire. Pour que son assimilation son optimale, surtout en cas de dose massive (type ampoule) je vous conseille de l'associer à la vitamine K2, qui est elle aussi anti-inflammatoire. Les doses que l'on trouve dans les ampoules et qui sont très importantes (entre 50000 et 200000 UI) sont souvent remises en questions. Certes ce n'est certainement pas ce qu'il y a de plus physiologique, mais lorsque notre taux de vitamine D est vraiment abaissé, cela me semble un mal nécessaire pour le remonter le plus rapidement possible. Donc pour protéger ses artères de la calcification on prend de la K2 en même temps et après on enchaine avec quelques chose qui se rapproche plus de nos besoin journalier (2000 UI)
  • La NAC (N- acétyl cystéine)                              C'est un acide aminé, précurseur du glutathion (qui est un peu le champion toute catégorie des antioxydants de l'organisme). Son effet sur l'inflammation et notamment sur l'endométriose a été largement étudié. Les résultats montrent une diminution assez nettes des symptômes douloureux (3).                                                             Dans l'alimentation, on va trouver la forme L-cystéine dans les viandes et poissons principalement, elle aura besoin d'être transformée avant d'être totalement biodisponible. Si vous voulez vous servir directement de la NAC, vous devrez passer par un complément.
  • Le pycnogènol                                                                                             Cette molécule extraite de l'écorce de pin maritime des landes, a montré des effets significatifs (4) elle :                                       
    • Réduit les crampes abdominales
    • Diminue significativement la douleur au moment des règles (dysménorrhées)                                                                
    Son efficacité serait du au fait qu'il est un inhibiteur au Nfkb (protéine à la base de réactions immunitaires et inflammatoires). Il agit donc lui aussi comme anti-inflammatoire puissant.
  • Les EGCG (Epygallocatéchine gallate)      Selon une étude publiée dans Human reproduction (5), cette molécule issue du thé vert, aurait des effets antifibrotiques . De plus elle inhiberait significativement la prolifération, la migration et l'invasion cellulaire. Cerise sur le gâteau, elle est capable d'agir sur les récepteurs des œstrogènes, et ainsi de moduler leur action (à la baisse), ce qui est particulièrement intéressant dans l'hyperœstrogènie induite par l'endométriose. Comme toutes les bonnes choses, il faut néanmoins la consommer avec modération, car il a été observé une hépatotoxicité au delà de 800 mg par jour (ce qui est déjà une belle dose!) Cette toxicité est particulièrement visible si la molécules est consommée à jeun, donc il faut éviter de boire du thé vert sans rien avoir dans le ventre.

Pour finir...

Pour être tout a fait complet, cet article devrait également mentionner 2 points capitaux dans cette lutte contre la douleur : le stress et les perturbateurs endocriniens. Ces 2 sujets étant plutôt vastes, je vais vous les proposer à part, dans de nouvelles publications.

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"Les 7 points clés pour réduire les douleurs de l'endométriose"

  1. 1
    amnik J, García-Bailo B, Borchers CH, El-Sohemy A. Gluten Intake Is Positively Associated with Plasma α2-Macroglobulin in Young Adults. J Nutr. 2015 Apr 8. pii: jn212829.
  2. 2
    Mehdizadehkashi A, Rokhgireh S, Tahermanesh K, Eslahi N, Minaeian S, Samimi M. The effect of vitamin D supplementation on clinical symptoms and metabolic profiles in patients with endometriosis. Gynecol Endocrinol. 2021 Jan 29:1-6.
  3. 3
    Maria Grazia Porpora, Roberto Brunelli, A promise in the treatment of endometriosis: an observational cohort study on ovarian endometrioma reduction by N-acetylcysteine, Evid Based Complement Alternat Med,  2013;2013:240702
  4. 4
    Combining oral contraceptives with a natural nuclear factor-kappa B inhibitor for the treatment of endometriosis-related pain
  5. 5
    Antifibrotic properties of epigallocatechin-3-gallate in endometriosis Sachiko Matsuzaki Claude Darcha
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